J'ai eu l'idée de faire çe projet en voyant des gens dans la rue, depuis la fenêtre du 3e étage, et je me suis dit : "et si la façpn dont les gens marchaient pouvait influencer ma manière de faire de la musique".
Au début, j'ai voulu prendre des vidéos moi-même mais je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire avec ce qui existe déjà, la vidéosurveillance.
Parce que dans ma manière de faire les choses, il y avait peut-être quelque chose de l'ordre du voyeurisme, je veux dire par là que les gens ne seraient pas au courant qu'ils sont en train d'influencer une musique. Et c'était quelque chose que je voulais développer depuis que j'ai fait humains qui dorment.
J'ai donc fait des recherches sur des sites web qui montraient publiquement des caméras de surveillance, j'en ai même trouvé sur le site de la ville où j'étudie, qui filme la grande place dans le centre ville, et sur d'autres des sites de villes françaises.
Plus tard, j'ai fini par trouver un site qui répertoriait des vidéosurveillances en direct partout dans le monde. Au début, j'ai cherché un endroit où on pouvait voir des gens marcher, de près. Puis j'ai trouvé cette vidéosurveillance d'une autoroute en Grèce, à Athènes. Et je me suis dit que cela pouvait être super de faire de la musique en fonction du flux de voitures qui passe étant donné celui-ci est constant.
Je travaille avec les images de vidéosurveillance. Pas pour les légitimer, mais parce que je crois qu'un des rôles de l'art est de retourner les outils du pouvoir contre eux-même.
La caméra de surveillance ne regarde pas, elle enregistre. Elle produit des images sans auteur, sans regard, sans intention autre que le contrôle. Ce que je fais, c'est leur redonner une vie qu'elles n'étaient pas censées avoir : les sortir de leur contexte, les ralentir, les archiver, les mettre en résonance avec autre chose.
Les mettre en résonance avec des sons, d'autres images, d'autres contextes. Il y a quelque chose de politique dans le fait de traiter ces images comme du matériau artistique plutôt que comme des preuves ou des données. Ça refuse leur logique d'origine. Une image de surveillance existe pour être utile à un système de contrôle. En en faisant autre chose, on lui retire cette utilité et on lui en donne une autre : celle de témoigner, de questionner, de déranger.
À chaque fois qu’une voiture entre ou sort du champ par la droite de l’écran, un son se produit.
1.Une note plus longue arrive quand c’est un camion qui passe
2.Quand c’est une moto ce sont 2 mêmes notes rapide.
Je me suis dit que le rythtme défini du traffic des voitures serait intéressant à utiliser.
Je me suis imposé des protocoles différents:
1. Une ligne par note, c’est à dire une voiture qui circule sur la route tout en haut est égale à une note dans une échelle définie tout en haut de la gamme voulue.
ou
2.Une mélodie préparée au préalable qui est jouée au rythme de l’arrivée des voitures, une note par voiture
Julia Scher, Always Here (1994)
, Michel Foucault - Panoptique
, Jean-Marc Chapoulie - La mer du Milieu
, Tatiana Blass - Electrical Room