La double personnification : empathie et design à la frontière humain-machine

Tout part d'une sensation : tomber sur un mème d'ordinateur épuisé, ou d'un humain qui se décrit comme une machine en surchauffe,
et ressentir quelque chose. De la compassion, sans trop savoir pour qui. Ce moment de flou est le point de départ de ce mémoire.
Le fait que les objets, outils informatiques, images peuvent nous faire ressentir de l'empathie.
Comment on peut se mettre à leur place, par exemple il y a la musique de l'artiste Ninajirachi qui s'appelle
"I wanna fuck my computer" et on peut se mettre à la place du robot en tant qu'humain ou projeter des émotions humaines sur un "robot". C'est ce que j'appelle la double personnification.

Ce que j'appelle la double personnification traverse la culture visuelle d'internet : d'un côté des humains qui se représentent comme des machines défaillantes, de l'autre des machines auxquelles on prête de la fatigue, des émotions, parfois de la tendresse. Le mème est le matériau de ce corpus, parce qu'il est populaire, viral, auto-ironique, et qu'il dit quelque chose de vrai sur notre rapport aux outils numériques.

Voici ma collection de photos qui illustre cette ambivalence.

-Masahiro Mori, The Uncanny Valley, IEEE Robotics & Automation Magazine, 1970 [trad. 2012]
-Pierre Cassou-Noguès, La Bienveillance des machines, Flammarion, 2017
-Ninajirachi, I Wanna Fuck My Computer, single, 2020
-Spencer Chang, alivetheory.net, 2023
-Cameron's World, cameronsworld.net, 2015
-Exonemo, Kiss, or dual monitors, 2026

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