Je propose donc une expérience visuelle et de pensée qui consiste à ce que nous, spectateurs, incarnions la vision d’une télévision qui serait là pour regarder, nos réactions, nos moindres faits et gestes. Le regardeur devient regardé.
Cela a donné cette assemblage de matériaux récupérés qui, pour la plupart, ne fonctionnent plus.
Un lien se démarque entre des êtres vivants qui dorment - un état d’entre deux - et des objets morts : des déchets, des carcasses :
“Nous sommes des carcasses en puissance” Francis Bacon.
Ce qui m’intéresse particulièrement c’est la relation entre le numérique, l’artificiel et le besoin primaire du sommeil.
Je veux également aborder la notion de voyeurisme. En l’occurrence, les vidéos de personnes utilisées dans l’œuvre ont toutes été postées par eux-mêmes sur Youtube. C’est à dire qu’elles ont conscience qu’elles sont filmées malgré le fait qu’elles se filment inconscientes.
L’idée que ce contenu légitimement intime puisse être visionné par tout le monde et utilisé de toutes les manières inimaginables comme je suis moi-même en train de le faire pose une question d’ordre éthique.
Cela fait écho avec le concept de panoptique de Michel Foucault, c’est à dire l’idée de pouvoir surveiller un sujet sans que celui ci puisse nous voir.