Je trouve qu’il y a quelque chose de paradoxal, d’inversé, dans le fait de s’endormir au milieu d’appareils informatiques. Trouver du réconfort dans ce qui n’est, après tout, que des carcasses de plastique une fois tout éteint. C’est donc cette idée que je souhaite traduire lorsque je travaille avec ces images. Ce sentiment de réconfort que l’on ressent même lorsque la lumière est trop forte et dérangeante, les voix et les sons que l’on entend nous maintiennent dans cet autre monde où l’on peut s’évader. Je trouve ça vraiment spécial.
Cela me rappelle quand, enfant, je regardais la télévision alors que je traversais une crise d'identité ; c'est comme si j'avais utilisé ce souvenir pour fairehumains qui dorment.
C'est aussi logique maintenant, puisque j'ai l'habitude de dormir avec mon téléphone ou mon ordinateur ; ils prennent leur place sur mon lit à mes côtés, comme le faisaient autrefois les peluches (j'avais peur qu'elles se transforment en squelettes pendant mon sommeil ; on peut faire le parallèle aujourd'hui, avec les appareils électroniques qui s'éteignent ; c'est peut-être encore quelque chose qui me dérange). C'est peut-être un point de vue intéressant.
Un lien se démarque entre des êtres vivants qui dorment - un état d’entre deux - et des objets morts : des déchets, des carcasses :
“Nous sommes des carcasses en puissance” Francis Bacon. Ce qui m’a particulièrement interessé c’est la relation entre le numérique, l’artificiel et le besoin primaire du sommeil.
Il existe un lien étroit entre les êtres humains vivants qui se trouvent dans un état intermédiaire où ils sont conscients, mais ne perçoivent rien de ce qui se passe autour d'eux, et les objets inanimés : lorsqu'ils sont éteints, ils ressemblent même à des carcasses., "We are meat, we are potential carcasses" Francis Bacon.
cover Ninajirachi - Aria Z,
exposition de la chambre aux réseaux sociaux - Arts Deco, Paris